Primum non nocere
« -Est-elle prête à recevoir l’implant ?
-Oui, monsieur.
-Alors ne perdez pas de temps. Elle doit retourner à la clinique du sommeil dès demain matin.
-Ce sera fait, monsieur. Nous avons ajouté un dispositif de brouillage mémoriel. Ainsi, nous pourrons choisir ce dont elle se souviendra.
-Parfait. Ouvrez-lui le crâne ! »
Il y a deux ans déjà, un implant a été greffé dans le cerveau d’Elisa pour qu’elle espionne à son insu le laboratoire d’Angus. Elle vient d’en être libérée. Aussitôt ôtée, la puce s’auto-détruit. Pas moyen de l’analyser. Maintenant que Mordicus et ses sbires savent qu’elle ne l’a plus, ils vont certainement tenter autre chose. La brigade des cauchemars est en danger. Le dévolu est jeté sur Alice. Tristan et ses amis ne se doutent pas que c’est sa mère qui est la nouvelle taupe. Parallèlement, pour que les malfrats payent, Elisa accepte que les membres de la brigade pénètrent dans son cerveau, pour dénicher où se trouve la base de Mordicus. Ils vont y aller, avec un nouveau pouvoir qui vient d’être mis au point : le métamorphe. Il suffit d’observer quelqu’un pour prendre son apparence physiquement, afin de mieux se fondre dans le souvenir.

Ce deuxième arc, que l’on pourrait appeler celui de la brigade des souvenirs (si le titre n’avait pas déjà été pris), tient toutes ses promesses. Après l’épisode western, voici l’aventure viking. En pénétrant dans l’esprit de la laborantine, Esteban, Sarah, Ariane et Tristan vont devoir résoudre un problème bien plus personnel d’Elisa. Après une attaque de walkyries, en suivant la voiture d’Elisa, ils vont remonter aux origines familiales de la patiente et devoir calmer les ardeurs d’un devin qui prend un malin plaisir à exacerber les velléités de violence des guerriers vikings.

Heureusement qu’il y a les bordures de planches noires parce qu’il est parfois difficile de se rappeler dans quel monde on se trouve. Entre flashbacks dans le réel et allers-retours dans les esprits, Frank Thilliez fait parfois des raccourcis où il faut s’accrocher. Les aficionados de la série n’auront pas de soucis mais les nouveaux lecteurs devront prendre le temps de se poser pour ne pas perdre le fil. Drac et ses assistants sont toujours impeccables aux couleurs. Au dessin, Yomgui Dumont fait des merveilles, avec notamment un hommage plus qu’appuyé à l’un des personnages secondaires emblématiques d’Astérix, et surtout un kraken qui laisse bouche bée quand on tourne la page et qu’on le découvre. La couverture, très cinématographique, est une composition exceptionnelle. Yomgui fait partie de ses dessinateurs dont on ne parle pas car, honte à eux, ils font du tous publics ! Il est de ces auteurs dont les planches ne peuvent appartenir qu’à lui, et est tout aussi récompensable que d’autres dessinateurs dont le travail a déjà été reconnu.

On le répète :La brigade des cauchemars est la meilleure série des éditions Jungle. C’est du tous publics comme on n’en fait presque plus, avec l’intelligence scénaristique d’un maître du thriller et la maîtrise d’un dessinateur qui propose de nouvelles pistes graphiques à son lectorat.
Série : La brigade des cauchemars
Tome : 9 – Elisa
Genre : Aventure fantastique
Scénario : Franck Thilliez
Dessins : Yomgui Dumont
Couleurs : Drac, assistée de Reiko Takaku & Julien Langlais
Éditeur : Jungle
Collection : Jungle frissons
ISBN : 9782822246422
Nombre de pages : 64
Prix : 13,95 €



