Ehpad, mon amour
« -Vous n’avez pas l’air en grande forme, Maria ?
-10 ans d’études pour nous pondre ça, chapeau docteur !
-Ah ça, ces jours-ci elle a le regard d’un cocker, mais toujours la bouche d’un pitbull ! «
On ne peut pas dire que Maria Bodin soit dans une forme olympique. Après une journée harassante (pour elle), Christian vient d’appeler le médecin parce qu’il a reçu une hache en pleine caboche. Ah ! Et aussi parce que sa mère est en train de crever. Le docteur arrive, teste ses réflexes, se prend une mandale. Ça va, elle en a encore un peu sous le coude. Mais quand la vieille tente de se lever, elle s’écroule sur le plancher. Un petit séjour à l’Ehpad de Pouziou devrait la remettre sur pied. Problème, c’est la dèche. Afin de payer les 2300 euros mensuels, Christian va être obligé d’y travailler en tant qu’homme d’entretien. Les Bodin’s à l’Ehpad. Le facteur plaint déjà les pensionnaires ayant survécu au coronavirus et qui vont devoir subir le coronabodinus.

L’aidant du bonheur profite de ses dernières heures de quiétude avant l’arrivée de la mère et du fils. Dès leur entrée, les pensionnaires sont toutes excitées de ce beau moustachu qui débarque avec sa môman chérie. On dirait Jean Gabin jeune. Rassurez-vous, Maria ne va pas laisser tout le monde indifférent. Les Bodin’s sont parqués dans la même chambre. Ils ne font pas la fine bouche. Au fil des jours, Maria prend rapidement ses marques. Elle rend même service. Merci qui, les infirmiers, pour le coup de pouce pour les vaccins ? Et pour finir le séjour, quoi de mieux qu’une virée en car ? Jusqu’à la ferme des Bodin’s par exemple…

On peut dire que Fred Coicault est en forme olympique. Après leur avoir fait faire le tour de France, il envoie le duo infernal en maison de retraite. Le scénariste a le sens du gag et de la répartie cinglante. On ne perd pas de temps, ça commence dès le premier phylactère. Le dessinateur a le sens de la mise en scène. Il y a des clins d’œil partout. Coucou, Carmen Cru ! Salut les Vamps ! Et saurez-vous repérer Maître Georges Hautecourt, notaire de son métier, issu des Aristochats ? Coicault s’est nourri des plus grands auteurs humoristiques. Voyez son car survolté tout droit sorti de planches de Poirier. L’Ehpad s’appelle L’aidant du bonheur. Clin d’œil à L’aidant de l’amer, un album de Chick Bill ? S’il est fortuit, Fred Coicault serait parfait aux commandes d’un reboot du western humoristique de Tibet. Le Lombard, qu’attendez-vous pour l’appeler ?

Les spectacles des Bodin’s sont bourrés d’humour et de tendresse. Les BD reprenant leurs personnages le sont aussi. Ils n’ont même pas besoin d’écrire leur prochaine pièce, Coicault l’a fait pour eux dans, non pas une adaptation, mais une création, loin de piètres albums mettant en scène d’autres stars de la scène. Il nous offre ici une pure poilade de qualité.
Série : Les Bodin’s
Tome : 3 – Les Bodin’s en maison de retraite
Genre : Humour
Scénario & Dessins : Frédéric Coicault
Couleurs : Sophie David
Éditeur : Jungle/M6
ISBN : 9782822251044
Nombre de pages : 48
Prix : 11,95 €



