Traque pour un sauvé des eaux
« -Je ne suis pas ton père. Et encore moins ton serviteur. Tu n’es rien pour moi qu’un asticot ramassé sur la route… Tu comprends ? Pour être parfaitement clair, ton sort m’importe peu. J’ai cédé à une pulsion de pitié, mais ça ne va pas durer. Tu peux en être certain. »
Cévennes, 1743, en pleine nuit, un voleur masqué réveille un couple de notables. Si le vieil homme prétend que toute sa fortune se trouve en banque, sa jeune épouse propose à l’intrus de dévoiler les cachettes… s’il l’emmène avec lui. Pas question pour lui de s’encombrer. Guillaume-Paulin Valdéran de Langres, c’est son nom, part avec le butin mais sans la belle. Non loin de là, à l’aube, une mère et son bébé se jettent d’une falaise dans une rivière. Elle préfère la mort plutôt que de retourner dans les griffes de son odieux mari. Si la maman disparaît corps et âme, le rejeton est miraculeusement recueilli plus loin, dans le courant du cours d’eau, par le voleur précédent. Il n’a pas l’intention de récupérer ce petit crapaud sorti de l’onde, mais se laisse rapidement séduire par la petite bouille souriante qu’il ramène avec lui.

A l’auberge, même pour un Louis d’or, la tenancière ne veut pas s’en occuper. Pour deux, elle change d’avis, mais après une rixe avec des clients trouvant son comportement suspect, l’homme en noir prend ses cliques et ses claques avec le marmot. Pendant ce temps, au château de Lazes, le baron profite des richesses accumulées par son père. L’homme adipeux est en colère. Sa femme lui a pris son fils. Il exige que l’on retrouve l’enfant et que le cadavre de son épouse soit jeté à la fosse commune. Sa mère est ravie d’être débarrassé de sa bru. La traque est lancée. Guillaume ignore encore tout de l’identité de son Moïse. Le duel entre l’ogre de Lazes et le justicier de Langres s’annonce sans pitié.

Des capes et des épées, Eric Stalner ravive un genre qui a fait les beaux jours du cinéma de l’âge d’or. Dans la France de Louis XV, un noble déchu devient détrousseur de riches, pour son propre confort, mais aussi pour celui des autres. Le bandit a un grand cœur. Stalner revisite Robin des Bois au milieu de l’Histoire de France. Le fils de l’ogre présente des personnages extrêmes. L’auteur force les traits pour faire sortir des protagonistes le meilleur et le pire d’eux-mêmes. L’ogre-baron est un outremangeur détestable. Le bébé, baptisé Baptiste, a un sourire figé énigmatique. Guillaume-Paulin reste mystérieux. On ne sait pas tout de lui. Les personnages féminins tiennent bien haut leurs rôles : une nourrice, une amoureuse, une mère, Stalner ne se contente pas de les laisser en figurantes. Et puis il y a ce secret de famille caché dans les couloirs du château de Lazes.

Polnareff a chanté un château des Laze, lors d’un bal, en Angleterre. Le fils de l’ogre aurait pu s’y dérouler :
« Je serai pendu demain matin
Ma vie n’était pas faite
Pour les châteaux.
Tout est arrivé ce soir de juin
On donnait une fête
Dans le château. »
Qu’adviendra-t-il de Guillaume-Paulin Valdéran de Langres ? Le fils de l’ogre est un one shot d’aventure, une évasion historique avec tout un tas de personnages qui auraient encore tant et tant à raconter. Ça ferait un excellent tome 1 de série.
Titre : Le fils de l’ogre
Genre : Cape et épée
Scénario, Dessins & Couleurs : Eric Stalner
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand angle
ISBN : 9791041114603
Nombre de pages : 104
Prix : 19,90 €



