Plus énigmatique que la Joconde
« -Je suis un peintre amateur. Je ne signe jamais mes tableaux. »
Dans un paisible coin de campagne, installé sur le bord d’un cours d’eau près d’un pont, un peintre représente sur une toile le paysage qui s’offre à lui. Cet artiste est un peintre du dimanche, avec toute la noblesse due à cette expression, parce qu’il ne peint que le dimanche. Coiffé de son canotier, le poète du dessin laisse aller ses pinceaux sur sa toile, les trempant dans les huiles disposées sur sa palette en autant de taches de couleurs qu’il possède de tons. Il peint aussi bien des paysages que des maisons, des chapelles ou des coins de rues. Il se définit lui-même comme un peintre amateur. De ce fait, il ne signe jamais ses tableaux.

L’homme dépense tout l’argent de sa maigre retraite dans sa passion, si bien, qu’un jour, ruiné, il ne peut plus payer son loyer. Expulsé par son propriétaire, il décide de rendre ses peintures à leurs modèles et, de nuit, part les déposer là où il les avait peintes. Alors que l’entreprise est totalement philanthropique, cela va lui causer quelques ennuis. Sur une toile représentant une jolie maison, il avait peint une femme à la fenêtre sur son balcon. Or, cette dame a aujourd’hui disparu. Il serait le dernier à l’avoir vue, un dimanche évidemment. Accusé d’être impliqué dans la disparition, notre peintre est jeté en prison. Comment va-t-il se tirer de ce bien mauvais pas ?

Bruno Heitz est de retour avec un charmant petit album tous publics, un mystère hommage à l’art, et en particulier à tous les peintres de bord de Seine qui ont fait les beaux-jours de l’impressionnisme entre Chatou et Bougival, avec Monet, Renoir, Pissarro et bien d’autres, ou les belles heures de l’école de Barbizon dans la lignée de Corot. Dans un graphisme proche d’un certain art naïf, Bruno Heitz emmène les lecteurs dans une enquête qui se transformera en histoire d’amour, car l’amour pour la peinture, l’amour pour l’art, invite à tous les amours. A part lorsqu’il y a des tableaux, Heitz se contente d’une seule image par case, quand ce n’est pas une image par double-page. Les phrases simples et courtes font de l’album un merveilleux medium pour les primo-lecteurs dès le CP.

Le mystère de la femme du tableau est une ode à la peinture et à l’altruisme qui donne envie de distribuer du bonheur autour de soi. Coupez les informations et lisez des livres comme celui-ci, que vous ayez 7, 18, 50 ou 86 ans. Salvateur.
One shot : Le mystère de la femme du tableau
Genre : Emotion
Scénario, Dessins & Couleurs : Bruno Heitz
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203302648
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €



